TABLE DES MATIÈRES

Je vous souhaite une lecture plaisante avec les poèmes qui sont accessibles ci-dessous à travers un index ! J'ai essayé de les classer par thèmes mais je recommande une lecture aléatoire guidée par la seule intuition. Peut-être ainsi tomberez-vous "par hasard" sur le poème qui vous apportera quelque chose de bénéfique ?

Enfin, je voudrais remercier toutes les personnes qui, pour avoir croisé ma vie avec intensité, ont planté en moi ces graines que j'ai tenté de faire pousser.





DANS UN TRAIN

Je traverse la France en coup de vent.
Une mémoire imparfaite nourrie aux seins des sens.
De ces paysages à peine entrevus point d'images,
Juste quelques qualificatifs figés en marge d'une page.

Ah, que de beautés insurmontables, passives, immuables,
Que seule la grâce et l'étrangeté d'un moment
Permettent d'en goûter la substance magique un instant.

Faut-il que l'homme soit si volage et instable,
Pour oublier cette Mère dont il est l'enfant,
Pour ignorer ses charmes, insensible à ses envoûtements ?

Je traverse la France en coup de vent.
Vertes collines de blocs de pierre grise mouchetées.
Dénudés bosquets, vieillis par l'automne, dans la plaine esseulés.
Puis la brique et le béton, géométrie morte et froide, les usines dorénavant.

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Hiver 2001, dans un train, entre Londres et Toulouse.

BRUXELLES

Bruxelles, tu es multiple et à la fois si singulière.
Heureux de partager l'amabilité belge et tes bières,
On déambule dans tes ruelles anachroniques.

Sale, terne et hurlante tu te tasses dans la grisaille.
Que le soleil brille et tu t'éveilles ; fille, beauté qui piaille
Tes voix cosmopolites dans des recoins anecdotiques.

Longues et larges avenues bordées de buildings bâtis en verre,
Le chef couronné de l'Europe en ton sein s'exhibe fier.
Le capital opportuniste vite érige cubique.

Point de magnificence dans cette efficience de taille
Mes détours par ces tours, au début, le dégoût où que j'aille.
Ensuite ces jours vécus au cœur d'Etterbeek nordique.

Là, tu te dévoiles et j'aperçois Bruxelles simple et sincère.
Tu es une fille pas si belle mais coquette où j'erre.
Charmante, attendrissante, je chante tes gens sympathiques.

Les cœurs de tes habitants comme autant de fleurs qui baillent
De douces senteurs de tous les temps - mes peurs qui défaillent.
J'oublie nos différends et vis pleinement ma Belgique.

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Mai à juillet 2002, Bruxelles, Etterbeek.

AMSTERDAM

Amsterdam, colorée, vivante !
Provocatrice, extravagante !
Combien impudique et libérée !
Tu reflètes sans aucune honte
Le tréfonds, où peurs et fantasmes,
S'abîment en futiles convulsions,
Sursauts et questionnements bidons,
Conscience chrétienne duale.

Ton musée du sexe à l'arrivant,
Tes promess' de grand saut troublantes…
Se pourrait-il que tu me libères
Mon âme amoureuse en refonte ?
Que peut-il y avoir au programme ?
Il est temps de la transformation.
Mais attention pas d'intention,
Spontanément rencontrer le Graal…

A tue-tête il se peut que je chante ?
Amsterdam tes plaisirs me tentent.
A prendre un sexe exagéré,
Et ma hantise d'être, monte…
Sois, tais-toi sans plus de marasmes!
Finis des émotions la rétention !
Laissons le "je", "il" à l'invention.
Jamais perdu en quête du Graal…

Je vais ouvrir mon âme errante.
Révèle ce que je suis, chante !
Jaillis du tréfonds de mes viscères
Et hurle ce que tu es au Monde !
Eclos, nais, brise l'amalgame !
Explose, éparpille papillon !
La chenille a fait transformation ;
Vole, beau et haut, sois le Graal…

Et je laisse le passé qui m'hante.
Je suis renouveau dorénavant.
Nulle angoisse, ni peurs, nulle prière.
Je n'ai plus de raison d'avoir honte.
Et soudain s'installe le calme…
Je peux aimer sans craindre l'onction,
Aimer sans raison, avec passion
Chanter, belle Shanti, tu es mon Graal.

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Janvier 2003, Amsterdam.

L'ÂME TROUBLE

L'errance de l'âme s'inscrit dans un cercle ;
La roue de ses états où le vide et le plein,
La tristesse et la joie se succèdent sans fin.

L'apprentissage souvent est suivi de doutes.
Que l'on me délivre un message maintenant !
C'est mon assise qui s'écroule en déroute.

Morts et naissances tissent des transformations.
Un chemin dans l'inconnu lointain s'élance ;
Que seul j'arpente en quête des confirmations.

Quiétude véritable ? Une étrangère.
En vain les jours me questionnent sans relâche.
Je me débats au-dehors, au-dedans j'erre.

Le but est si clair que les moyens en sont flous !
Toute compréhension n'est que passagère.
Au fond, je cherche un rien qui ébranlerait tout.

Je mue sûrement sans me ni le connaître.
Je meurs d'autant à la seconde. Autrement,
L'âme au présent s'épaissit sans y paraître.

Part tronquée du divin, incomplète en son sein ;
Prétextes terrestres qui nourrissent sa faim ;
Sa soif d'éternité : s'affranchir du cercle.

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2003-2004, Bruxelles.

LA QUÊTE

L'homme brûle comme un fétu
Des bras en croix jusqu'au fœtus.
Son cri déchire l'air empesé.

Le soleil craquèle la terre rouge ;
Sur cette plaine séchée rien ne bouge
Que cet homme qui meurt embrasé.

Courte vie à meubler le temps !
Inconscient à force de présent.
Et l'esprit promptement brisé

Revoit, revit sa vie passée
A toujours tenter de percer
Les mystères de l'humanité.

" La naissance " clame l'Oracle
" Sonne haut et fort la débâcle
Des tourments d'âmes errantes "

L'âme en partance s'égare
Sur le chemin des ans-retard
Avec la peur d'échouer son Destin.

Pourtant l'issue est certaine !
Elle chemine et promène sa pein'
Puis quitte ce corps qui l'enchaîne.

Cet homme calciné a oublié
Cette peur qui l'obnubilait.
Et il a pris la route sans les regrets ;
Et il a fui le doute pour se trouver ;
Et le désert l'a tué…
A l'homme la vérité !

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2000, Toulouse - 2004, Bruxelles.

MAL ASSIS

Aujourd'hui une lourdeur sur le coeur.
Hier, de légers pas de ballets dansés dans la pensée.
Demain, tranchantes les lames cisaillant l'âme.
Toujours la foi en un meilleur qui attend son heur'.

Le présent, pesant, multiple, riche, dense.
Le passé, pesant, tronqué, peignant des boucles cassées.
L'avenir, pesant, inconnu, conciliant des possibles en devenir.
Toujours, en l'instant lutter contre l'ignorance et la peur.

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Novembre 2004, Bruxelles.

VIRAGE DE LA VIE, VAGUE À L'ÂME

Cet homme dont je vois le visage
Rieur mélancolique du miroir
Contemple de sa vie le dérisoir'.

Lourd est le poids du virage
Quand, pétri du précaire et de la peur
Le choix dévoile du Destin l'ampleur.

Ses yeux trop-voyants, perces-mirages
Se baissent humbles devant leur maître
Tant ils craignent et louent son arbitraire.

Sa raison tente un vain sauvetage
Mais l'âme en peine ne peut entendre
L'optimisme forcené - froides cendres !

Bien trop froides pour donner courage
A son coeur qui est privé d'amarres,
Dont les amours vains déjà se barrent.

Comme ses amitiés sont volages !
Se déliant du manque cruel des liens
Dont il attend pourtant tant de soutien.

A la dérive loin des rivages,
Dans les remous du doute, il coule.
Au fond il est seul ; lui et la houle.

Partage ! Magie des premiers âges !
Combien d'âmes ingrates et timorées
Ignorent du don l'heureuse beauté.

Tu forges les durables alliages
Car ce que tu reçois tu le donnes,
Ce qu'on t'inflige tu le pardonnes.

L'ange argentine avant le naufrage,
Agissant pour et selon tes valeurs,
Vient au secours de l'homme en son malheur.

Forte. Douce. Fière mère sage.
Elle dispense son bien le plus précieux :
Elle-même, message d'amour pieux.

ELLE le comprend, brise sa cage.
"Tes sentiments sont justes, lève-toi !
Marche sur ce chemin choisi par toi."

Si promptement se tournent les pages
D'un état d'être et d'âme, d'une vie !
Quand en un instant la joie est saisie.

Ainsi je ne vois plus son image.
L'homme lui-même étranger au reflet
Vit avec l'ange l'espoir insufflé.

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Septembre 2006, Toulouse - Février 2007, Granada

VENGEANCE ET CHÂTIMENT

Marre de l'oppression ! Assez des violences ! Marre du mensonge !
Je jette un pavé dans l'océan-marre pour nettoyer mes songes
Que vous encrassez de votre inconscience aggravée d'éxubérance,
Sale d'égo démesuré, laide de haine, à l'odeur rance.

Cette odeur de la sueur millénaire exsudée par les exploités
Dont vous excitez les âffres et les peurs pour mieux étouffer l'ardeur.
Pour la canaliser ! Pour la détourner de vos beaux cocons ouatés
Qui protègent de la pollution des moteurs et des cris du malheur.

Marre des manipulations hypocrites, marre des mots en kit !
Marre de la domination d'une poignée sur des millions et quitt'
A vous engraisser d'un petit peu plus avant de crever solitaires,
Empoisonnez en gros la Mère entière, rivières et terres !

Gavez-vous la panse des dépenses en ces objets qui nous captivent !
Empirez l'ignorance de l'être avec vos images-mirages !
Vos manigances ne freinent pas l'Esprit qui danse et se ravive.
Votre emprise, prison de paille, brûle du feu du jour des sages.

Puissants ! Traîtres ! Vous vous êtes partagés la Terre depuis longtemps !
Puissants ! Maîtres de vos chimères, vous avez laissé le genre humain
Dans la ténèbre plutôt que d'enflammer l'étincelle, de tout temps !
Qu'importe au Grand Mystère vos châteaux, il vous faudra payer demain.

Vous pourrirez des siècles, des multitudes de fourmis dans la peau.
Egoïstes et ignorantes - comme vous avez aimé nous nourrir -
Elles s'adonneront affairées aux excès du posséder et souffrir
En vos consciences sera le but de vos existences sans repos.

De parcelle en parcelle elles tueront, exploiteront tous vos recoins !
Vous sentirez des lancements à chaque pore qu'elles investiront !
D'amères douleurs quand pour leur aise chaque atome ell' transformeront !
Des tristesses inconsolables pour UNE injustice en votre sein !

Des peurs interminables à chaque goutte de votre sang qu'ell' boiront !
Une détresse insurmontable pour la haine déversée, venim !
La faiblesse au goût de mort lointaine quand vos organes ell' souilleront.
Envisagez déjà le châtiment car il faudra payer... demain.

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Mars - Mai 2007, Granada.

CIRCULO BAR

Dans les bars des solitudes inaudibles
S'épuisent comme des verres seuls et vides
A attendre le sens presque inaccessible

Sans ces volontés qui remplissent à ras-bord
De rose ou de purin, tous les deux avides
D'animer les âmes saines jusqu'aux rides.

Toutes ces bouteilles qui s'ouvrent et qu'on ferme,
Qui ne laissent que le cul l'unique gemme
Pour peupler l'obscure nuit des moitiés-hommes.

Musique prend sentiments et corps dociles.
En elle se mêlent paroles futiles,
Offrant les secondes du pathétique exil.

Par milliers des destins entiers s'accoudent au zinc.
Les visages polis des pénombres carmins
Ne dévoilent de peur que les masques humains

Qui s'entrecognent comme des bouts de bois creux.
Avec l'envie de l'autre pour sauver du poids,
On tend le verre, inconnu ou saoul de soi.

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Février - Mai 2007, Granada.

2012 PROPHECY

It's nine, a winter night.
Are rising the white knights.
Their thougths, their words and what they do,
Are the weapons with which the darkness they undo.

Three hours remain on the clock.
It's few before the shock.
A calendar is ending while consciousness is growing
As a rose opening, celebrating the spring we are expecting.

"Cling !": Once the clock rings.
The wind blows the changings.
The old masters feel the fear facing what's inevitable.
Kingdoms of illusion are collapsing with what was profitable.

"Clung !": The clock rings stronger.
And stronger shouts their anger !
Now they want it all and the goal is crystal-clear.
Greedy hands gather from the Mother, blood, jewels and tears.

Redemption is hopeless.
Spreading pain is useless.
Wars, lies and cruelty in essence will soon loose
That power granted which offends the will to choose.

"Clang !": It has finally stopped.
The seed by the Spirit is dropped.
The mirrors made by the Men cannot hide anymore
The treasures of these souls remembering their core.

"Cling - clung - clang !"
"Old masters... It's just time."
"Cling - clung - clang !"
"Old masters, it's now our time."

It's nine, a winter night.
Are rising the white knights.
Their thougths, their words and what they do,
Are the weapons with which the darkness they undo.

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Juin - Novembre 2007, Granada.

LUMEN CON DITIO

Collection hétéroclite telle celle d'un excentrique centenaire antiquaire,
Les souvenirs épars dans ce bazar de nos mémoires attirent notre regard intérieur.
C'est à celui qui revivra le plus, arrachant des instants précieux aux présents qui errent
Sans autre but qu'être. Prisonnier dans l'instant, ici et maintenant, luttant pour un meilleur.

Quiquequoi sommes-nous ? Il n'y a de cohérent que l'illusion de continuité du moi.
Objet vivant non-identifié, pesant de sa conscience illimitée mais si confuse,
Qu'il faut au moins une vie vécue en vigilance pour rétablir l'esprit-souverain, roi.
Lui seul !, peut imposer la paix à la machine animale émotionnelle pour qu'ell' fuse !

Pour qu'elle guerroie au-delà du premier cercle cerné des cris du démon millénaire :
La peur, le premier ennemi. Regarde ta mort en face et tu lui quitteras sa force.
Puis il faut vaincre ces vélléités égoïstes nées du désir étriqué primaire,
Qui sait bien et a besoin d'abuser l'être et l'autre faute de sève au creux de l'écorce.

Une fois l'esprit-roi restauré, il s'élance en son sein immense, suprême et subjugué !
Il sublime les sens jusqu'à jouir des petites joies que lui procure son vaisseau de chair.
Il parfait les émotions pour pacifier les relations avec l'autre, pour enfin fuguer
Loin des codes. En harmonie. Au gré de sa liberté. Recherchant ce qui lui est cher :

Se connaître et s'étendre. L'esprit-roi rassemble du puzzle les pièces manquantes.
Et peu à peu se dessine le motif jamais certifié par l'instance fabricante.
Il se sait fultile. Mais il n'est pas vain. Son voyage aux confins de l'univers est sans fin.
Ignorant le tout sans n'être certain de rien. Juste les expériences et s'explorer, enfin.

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Novembre 2006 - Novembre 2007, Granada.

LE LOUP DANS SES PAS DANSE

Marcher dans les pas de son histoire
Venir raviver les feux fraternels
Qui rougeoient contre le temps et le gel.

Sans aucun maître, au gré de l'errance,
Le coeur grêvé des routines absentes,
Impropre aux affections rassurantes,

Le loup porte son âme lunaire
Dans les rues endormies de Bruxelles.
Il la connaît et parle avec elle.

L'orgueil solitaire en bandoulière,
Dans le terreau des liens anonymes,
Il dompte ses hantises et s'anime.

Les vents hivernaux soufflent leur crachin
Corrosif comme ce spleen d'un bacchus
Emportant le loup au bout de l'abus.

Puis les êtres aimés se libèrent
Offrant le sein de leurs flancs chaleureux ;
Et le loup réchauffe son coeur, heureux.

Car il sait ces joies éphémères !
Il se désaltère à cette eau claire
Qui fleurit les vies et les éclaire.

Gorgé d'amitié son poil est soyeux,
Souple son élan, sans peur son regard.
Il est l'heure. Le loup repart.

Les histoires ont ravivé fort les feux.
Chacun emporte en son coeur un tison,
Sur lequel souffler les mois qui suivront

Pendant l'absence, vaincue en pensées ;
Vécue comme absente dans l'intense ;
Voulue du loup qui dans ses pas danse.

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09/01/2008, Bruxelles - 22/01/08, Aire-sur-la-lys.

LE CHAT QUI SAVAIT

Le vent vif souffle l'air de rien
Moquant les futurs incertains
Et les folies des Dieux anciens
Que content les vieux grimoires.

Le chat a son temps à vivre
Et sa vie à perdre livre
Le secret du savoir-vivre
Sans l'esprit traître ni amer.

Absorbé sur l'arbre perché,
Sans même l'avoir recherché,
Il sait du mystérieux archer
Qu'il a décoché l'Univers.

Fuis le chien ! Cherche caresses !
Et plis-toi avec paresse
Au flux que nul ne transgresse.
Heureux ceux qui s'y conforment.

De cette branche accueillante
Il a fait son chez soi, sente
Empruntée un temps d'attente,
Jusqu'au prochain désir-besoin.

Son corps chaloupe nonchalant.
Enfin il va avec allant
Chasser sa proie avec talent,
Vers ces demains sans mémoire.

L'Homme, à sa vie, un sens avait
A donner. Le chat qui savait
Lui montre un refuge, un palais :
Le présent simple de ses sens.

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Avril 2008, Granada.

PREND GARDE AUX APPÉTITS QUI MENACENT LA PAIX

L'ire accusée des impuissances dominées
Ne suffit pas pour porter sur un piédestal
Un prince de plâtre vite démantelé.
L'ire annoblie fronde le colosse impérial.

La vive clameur de la guerre a retenti.
Ecoute attentif ! Car elle retentit encor'.
Et dans le cours des années poisseuses se noient
La souffrance et le sang, les vivants et les morts.

Des barbares arrogants dans leur mégaphon'
Harranguent et hurlent l'alalie le doigt pointé
Vers le mal proclamé. Que les foules s'affol'
Et acceptent le prétexte et l'iniquité.

Concert orchestré des voix de l'Autorité.
Clameur des âmes humaines aux coeurs offensés.
Ces barbares de fades aurores assoiffés
Piétinent la propension du peuple à la paix.

Dans les artères des cités névrotiques
Palpitent les sangs des jeunesses allègres
Contre les jeux géopoli-élitistes.
Vive ce choeur qui pansa le planisphère !

Son écho s'enfla du silence des muets
Dont on peut douter des ardeurs belliqueuses.
Il est une aspiration de tous partagée :
Traverser sa vie dans une paix heureuse.

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Mai 2008, Granada.

VOYAGEURS À LA DÉRIVE

Voyageur de matière éphémère
Ta vie n'est que fulgurances
Qui te tiraillent dans l'instant.
Autant de pulsions primaires
Qui sont les pas de ta danse
De pantin endormi qui attend.

Voyageur émotionnel, amère
Et profonde est ta souffrance,
Soumis à la houle d'un si vaste océan.
Sans cesse de l'exaltation tu erres
À la griffure, brûlure intense,
Qui râcle et arrache tes cris au néant.

Au voyageur spirituel, la Mère
Et le Père imposent la douloureuse distance.
Il pleure d'avoir oublié l'avant.
Chaque jour puiser de l'éphémère
Le sacré en de fertiles semences
Et consentir, vaillant, à cet effort dément.

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Juillet 2008, Granada.

ADVERTENCIA A MIS HERMANOS

Hermana, hermano,
Compadre, compañero,
Si no trabajas ni consumes,
¿Entoncés quién eres?

¿Basta definirme con un objeto?
¿Basta existir en lo que hago?

Y él que trabaja, él que consume,
Toma el riesgo de amargarse,
El fuera y la necesidad ocultando su sueño;
Él olvida de su ser el diseño.

A la tierra no tienes derecho.
¡Absurdo para un ser recién nacido!
O págala de la vida y del olvido
Hasta sentirte tan estrecho.

La felicidad estable no se compra.
Se consigue con esfuerzo y consciencia
Para desvelar en si mismo lo inalterable
Que, luego, da confianza y clarividencia.

Hermana, hermano,
Compadre, compañero,
Si no trabajas ni consumes,
¿Entoncés quién eres?

¿Qué nos queda? ¿Cuál es la elección?
¿La máquina económica y su perdición?
¿El camino interior y la marginalización?
No temas. Hay equilibrio en el Amor y en el corazón.

Hermana, hermano,
Compadre, compañero,
Si no buscas ni te profundizas,
¿Cómo crecerán tus ramizas?

Eres una luz creativa.
La joya la llevas adentro.
No la dejes cautiva.
La meta en ti-mismo es el encuentro.

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Juillet 2008, Granada.

JULIAN

Joie !
Comme un voleur, Julian, je vis ton jour se lever,
Alors cheminant les curieux recoins de mon destin.
Julian, déjà des heures que ton silence tu l'as crêvé
De ton cri rageur et courageux ; c'est ainsi être humain.

Souffrance !
Quelle solitude que celle de la joie loin des siens...
Sans le partage de l'étreinte et des larmes des pairs.
Mais n'aie crainte ; la Bonté qui t'est léguée par les tiens
Rapproche les coeurs purs au-delà des montagnes et des mers.

Amour !
Comme je l'aime ta mère, ma soeur, la confidente !
Battante et déployée de ses ailes souveraines,
Elle t'enseignera ce que dans ses luttes vaillantes
Elle a chèrement et sûrement gagné malgré les dures peines.

Vision !
Toi pour qui s'ouvre le monde, entier et à faire,
Tu pleureras ses villénies mais chantera les prodiges
De la Vie dont tu es le message de chair.
De ce lit douillet que tu as choisi, tu seras le prestige.

Joie et vision !
Tu es venu. A toi seul maintenant tu es le Mystère et le Chemin.
Quelle grandeur dans ta petitesse, à ceux qui peuvent la voir !
Ta force sera ta hargne à vaincre pour de meilleurs lendemains.
Que ta route soit Bonne et claire, et d'amour plutôt que d'avoir.

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22 juillet 2008, Granada.

L'ÉVEIL

Pas facile de garder son style
Dans le tumulte des vagues en crise.
Les marées humaines-énergies
Balayent de leur souffle les tourments,
Les passions et leurs souffres,
Mais aussi la Volonté et le Coeur.
Oeuvrant...
Oeuvrant...

Nous arrivons en masse de nuées !
Incarnés dans le doute,
Tiraillés de forces étranges.
Mais au coeur de l'inaltérable joyau
Bouillonne le feu vivant !
L'Amour jusque-là en refuge jaillit !
Vivant...
Vivant...

Les futurs faussement fardés s'effacent.
De toute part s'écroulent les vestiges
Encore vantés par ceux-là qui,
Clinquants de pacotilles éphémères,
Préfèrent vainement leurs illusions
A l'essentiel dévoilé dans l'instant
Présent...
Présent...

A travers les brumes disloquées des propagandes
Le bataillon des anges escorte la lumière.
Partout des étincelles, des foyers !
Bientôt des incendies purificateurs !
Le Bon et le Vrai font retour.
Le mauribond et l'ivraie s'en retournent
Au néant...
Au néant...

Dans les soubresauts de l'agonie
Le voile se déchire avec fracas ;
Le venim se fait manifeste !
Mais les milliers de millions
Tissent l'amour sur leur passage.
Ils s'ignorent comme soldats mais luttent pour de bon.
Aimant...
Aimant...

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Juillet - Août 2008, Granada.

AU PIED DU MUR ET DE L'AMOUR

La Vie est une furie,
Un souffle.
Un bruit,
Un moment,
Gigantesque cataracte
Où s'engouffre le temps.

Je suis particule dans ce flux.
Démunie,
Tourbillonnante,
Infime.
Conscience impuissante et torturée
Obnubilée par sa propre dérive,

Précipitée vers un abîme de révolutions.
Inconnu,
Insondable,
Incertain,
Choyant coûte-que-coûte la confiance
Que si tout change c'est pour le Bien.

Bientôt sans toit pour me reposer,
Sans repères,
Sans revenu,
Sans direction ;
En souffrance le cycle se délite
Fomentant les futures transformations.

Mon âme jumelle à l'instant même,
Vaillante,
Vacillante,
Va au feu
Livré ses ailes au Souffle,
Affrontant ses caprices et ses jeux.

Elle est la promesse du nouveau jour :
Mon amour.
Mon aimée.
Mon amante
Avec qui voguer ces heures instables
Pour enfin amarrer notre barque balbutiante.

Et si venaient à s'effondrer
La faveur du flux,
Son amour pour moi,
Mon amour pour elle,
Alors j'éclaterais en mille morceaux,
Guérirais et repartirais de plus belle.

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Novembre 2008, Granada.

LE MAGE SERENITE ET LES VIEUX DEMONS

Les mots veulent sortir seuls,
Ecraser la page,
Chacun portant une charge
Pour mieux me vider la tripe
Des noeuds qui la tiraillent.



Les vieux démons reviennent au galop
Pour éprouver la force du mage Sérénité.
Dans la plaine violentée d'un orage
Les vents furieux recomposent le paysage
Ne laissant aucun repère où s'arrimer.

Mais il se tient là, droit, face au flot,
Sa robe bleue déjà éclaboussée de la boue
Que dispersent les sabots chahutant et furieux.
Les mugissements zébrés d'éclairs de feu
Tentent d'éveiller la peur qui gît dans son cachot.

Le visage tendu est grave.
Car les ombres qui s'avancent
Veulent déchaîner des tempêtes
Dans l'esprit et le coeur ;
Pour qu'ils moulinent dans le vide, de la peur.

C'est parce qu'il connaît cet ennemi
Qu'il esquisse déjà ses sortilèges.
Et au-delà de la nébuleuse étouffante,
Des papillons, des rires et des fleurs
Jaillissent et brillent d'un halo bleuté.

Ils sont les messagers de sa volonté
Eparpillant les graines désireuses de grandir
Et d'ensemencer la vaste réalité.
Contracté par l'effort de l'appel au calme
Il sait qu'il n'a qu'à se confier à l'instant.



Les mots ont craché.
Ils ont livré leur secret.
S'ils n'ont pas balayé le doute,
Ils l'ont fait chair
Pour qu'il soit transpercé.

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Décembre 2008, Granada.

LE CARCAN VECU AU COURS DU VOYAGE DES ANS

Au-delà des états changeants du corps
Qui jouit, se contente, se plaint, se tort ;
Malgré les remous de l'âme pétrie
Par les étreintes des ans et du sort ;

En dépit des actes milles fois vains
En quête d'une emprise sur demain
Qui maintes fois se dérobe aux rêves
Echaudés de voeux noyés dans le vin ;

Comme si la lutte avec le monde
Ne suffisait pas voilà que grondent
Les tonnerres automutilateurs
Assenant les reproches immondes :

D'être trop ou si peu ou pas assez !
Les ans pesant des idées ressassées
Brisent soudain de l'enfant son élan.
Sa vie le lasse comme un jouet cassé.

Jusqu'à abandonner l'espérance
Pour jouir des aléas d'une errance
Délicieuse, insensée, implacable,
Sans plus de vouloir ni de croyances ?

Mais ne plus rêver n'est-ce pas mourrir ?
Rêver grand, simple ou fou pour mieux nourrir
Douleurs et joies extra-ordinaires !
Flamber ! Plutôt que lentement pourrir...

Mais, quand le mal-être se répète,
Qu'il ronge du tréfonds jusqu'au faîte
Et surgit derrière chaque matin
Tel une gangraine trouble-fête ?

Quand la pensée vorace sans cesse
Soupèse et suppute sa détresse ;
Quand ell' juge, interroge et dissèque
Le moment lui ôtant ses promesses,

En quête de réponses et raisons
Qui ne sont que ronces et déraisons
Où se déchiquètent les joies du jour
Que le Grand Mystère donne à foison.

Peurs, préjugés, froides convenances !
Carcan-modèle, moule-existence !
Les ogres dévoreurs de liberté.
Les poisons sournois de nos enfances.

Ils se ruent parés de la brillance
Des artifices et de l'arrogance ;
Et sculptent comportements et passions,
Les sels et les noeuds de l'existence.

Puis se perd peu à peu l'insouciance.
Le spectre de l'ultime échéance
Marque tout du sceau de l'éphémère.
La Beauté comme la mécréance.

Chaque instant luit alors d'une grandeur,
D'un feu d'une inestimable valeur !
Heureux celui qui jouit des secondes
Fécondes à l'âme éclairée de candeur.

Et les joies succèdent aux temps mornes
Qui succèdent aux joies qu'ils écornent.
Le défilé aux airs ironiques
Force l'autodérision sans borne.

Car n'est-elle pas le dernier recours ?
L'instrument près de qui chercher secours ?
A moi la joie et la légèreté !
Portez-moi vers le devenir des jours.

Malgré tout ! Etre sans crainte. En paix.
Prêt-à-tout ! Surtout prompt à la gaité !
Agile lutin à l'esprit libre
Qui aime et joue la Vie pour ce qu'elle est.



...

Avancer dans l'âge pour mieux se heurter
Au carcan, la camisole jetée
Sur la Vrai Joie qui est vénération,
Véritable acceptation du Sacré.

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Juin 2009 Revel - Juillet 2009 Dourgne.

LES PLEURS DE PALESTINE

Au nom de quel Dieu prend-t-on les armes ?
Les larmes coulent sur les joues roses
Les corps explosent en chairs et sangs ; âmes
Perdues et seules comme leur Cause.

Dieu qui a donné la Terre a chacun ?
Dieu dont la Bonté prodigue sans fin ?
Dieu, peintre de la gerbe des embruns,
Agenceur des Mondes jusqu'aux confins ?

Les fins stratèges machiavéliques
Ne prient pas ce Dieu là ; ils l'évoquent
Pour maintenir de leur acier brûlant
Le pays usurpé grâce aux puissants.

Et ce peuple par son martyr élu
Souffre de cette marque au fer rouge
Attisée par ses chefs non moins élus
Qui agitent un chiffon non moins rouge.

Annihilation par génocide !
Génocide par annihilation !
La pelote d'Histoire dévide
Ses interchangeables abominations.

L'injustice est doublement commise.
La folie aryenne a frappé les uns ;
Le rêve sioniste, les autres, brise ;
La propagande est l'arme du tribun.

Palestine pleure sur son malheur
Issu de l'Holocauste de l'horreur.
Elle attaque de sa dague fêlée
Celui qui riposte l'épée zélée.

Il la sort luisante de son fourreau
Pour frapper sans la moindre clémence,
Victime autrefois, maintenant bourreau,
Perpétuant le cercle des souffrances.

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Février 2009 Rixensart, Belgique - Octobre 2009 Saint-Julia.

DEJO QUE LA VIDA

Embarcado en el flujo
No sé si hago bien
No sé si hago mal.
Siento que no hago grandes elecciones.
Sino pequeñas.
Dejo que la vida...

¡Vida, Providencia o Gran Espíritu!
¿Cuántas cosas están animadas
Por el primer principio?
¿Y a quién hablamos?
Sino a nosotros mismos, humanos en búsqueda.

Silencio.
Dejo que la vida...

Saber el Bien, saber el Mal.
Luchar por dentro como loco
Para que se purgue lo superfluo.
Resistir al tormento.
¡Conocer el entusiasmo, la paz! Pero estar solo.
Dejo que la vida...

¡Gritar, terner ganas!
¡Que valga la pena!
Al andar sin ojos
Andaré sin miedo.
Con las estrellas del maravillo en mi mano.
Dejo que la vida...

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Mai 2011 Saint-julia.

IL Y A DES PENSÉES

Il y a des pensées comme les brins d'herbes,
Elles naissent et meurent vite.
Ce sont les pensées du quotidien.

Il y a des pensées comme des fleurs,
Elles attirent le regard,
Reflets des sentiments et des intuitions profondes.

Il y a des pensées comme des arbres.
L'esprit les nourrit sans relâche
Leur donnant force, vigueur et matérialité.
Elles sont tenaces et guident notre vie.

Il y a des pensées comme les montagnes, les mers ou les rivières !
Ceux sont les grandes idées ; elles façonnent le monde.

Cultive ton jardin.

Surveille ce que tu penses.

Donne ta force et ta conscience à bon escient.

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Mai 2011 Bordeaux.

CEUX QUI ATTENDENT

Le phénix renaît de ses cendres,
Promesse d'une aube nouvelle.
Ni les caprices des cassandres
Ni les forts et leurs ritournelles,
Qui veulent jeter à sa tombe
Le monde neuf qui les ignore,
Ne peuvent empêcher de se tendre
Les ailes de l'Esprit Rebelle.

Les prophètes et les sensibles
Vivent la douloureuse attente
Leurs coeurs emplis d'espoir fébrile
Qu'advienne enfin ce qu'ils pressentent.
Mais les étoiles comptent en siècles
Quand l'humain n'éprouve qu'un instant,
Et la Voie bien qu'irrepressible
Sculpte avec lenteur déferlante.

Qu'ils se réjouissent les jours légers
Et même aux heures les plus denses,
Car ils sont du Grand Horloger
Les crans de rouages immenses,
Trop infimes dans l'engrenage
Pour déceler le but ultime.
Il leur faut sans relâche s'ériger
Créateurs ! De ce qu'ils devancent.

L'extravagance du voyage
Se noie parfois dans l'égo centré
Par les tâches et leur esclavage
Qui voilent l'Oeuvre d'un simple trait.
Le suc se boit à même ce Graal,
Creuset des turpitudes du choix
Qui sont le sel et le breuvage
De l'humain qui marche sans contrée.

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Septembre 2010 Saint-Julia, septembre 2011 Sisteron.

LA COLÈRE DES OUBLIES

Traîné dans la poussière
Amère est la gorgée.
S'évertuer à lever la tête,
À croire en ce que l'on fait.
Et cette terreur des viscères
Que l'acte est vain,
Qu'il faudra toujours compter.

On ne veut pas de ceux qui se lèvent
Pour écrire des chansons et rêver.
La misère s'attache aux chimères
Des poètes que l'on n'entend pas pleurer.

La rage affleure, a faim ; elle veut crier !
Devoir mendier à toute heure, voilà bien un sot métier.

Quand la force d'un homme est désoeuvrée
Et que nul n'en réclame le besoin...

Quand ce qu'accouche son esprit est prématuré
Sans que nul ne l'accompagne plus loin...

Quand ses talents sont oubliés
Des grandes artères qui font demain...

La guerre se prépare.

L'amertume harangue les hordes
Et l'aigreur, sa soeur excessive, les arme.
Au jardinier ne restera que le bâton et la corde
Pour protéger son parterre fleuri par les larmes.

Quel courage il faut pour puiser sa pitance
Dans l'auge d'un autre, maître de notre temps !
Mais sans partage des tâches ni acte de bienveillance,
De braver sa liberté le courage est plus grand.

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Avril 2012, Sorèze

VERTIGES COSMOGONIQUES

Foisonnante mémoire des sens et des conclusions.
Assemblages au gré de dérives électriques.
Bouillonement sans cesse incessant de songes revisités.
Des milliers de milliards dans la tête.

Pluie d'étoiles en haut d'un mont sauvage.
Portait trompeur de mastodontes virevoltant tout azimut.
Rougeoiment de matière s'autodévorant.
Des milliers de milliards dans le ciel.

Dans la moindre cavité, interstice ou recoin oublié,
Il est là ; porteur de la première graine, l'héritage séculaire
À mille visages, mille formes, mille couleurs !
Des milliers de milliards sous nos pieds.

Ici et maintenant, fenêtre ouverte sur une volute du flux,
Quelques souffles aux retentissements discutables à maintenir
La forme d'une poignée de gouttes d'eau agrégées en plein océan.
Chaque assemblage est un esquif de rondins dans la tempête.

Être un ou milliers au milieu de ce tout.
Être un divise dual, celui qui observe, celui qui rassemble.
Mais une multitude se tient derrière le front de la raison.
Les deux font le dialogue possible en état de grâce.

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Octobre 2013, Sorèze

CAHIN-CAHA

Les heures durent comme du plomb sans cervelle
En attendant l'arbitrage de ces messieurs,
Faiseurs de règles, profanateurs ennuyeux
Qui sourcillent à un pli de nappe rebelle.

ÊŠtre le jouet du Destin, y tailler sa part.
Partir sans un festin ? Amère est la victoire.
J'entends déjà tes larmoyants 'aurevoirs',
A peine née la possibilité d'un départ.

Agrippons-nous au milieu de la tourmente
Aux vérités de nos coeurs un peu vieux de nous.
Ces notes d'un accord discordant fomentent
Une improvisation, qui génère et dénoue.

Pendant que se joue sur la scène égotique
Cette farce aux enjeux maquillés d'urgence,
L'ombre de la mort rôde. Le chaos tique.
Le temps tâtillon compte avec diligence.

C'est maintenant qu'il faut être heureux ! Et non pas
Peureux face à des futurs hypothétiques.
Et puisqu'il faut une voie, le choix ne prend pas
Son mérite à l'action bien qu'elle soit pathétique.

Le refus consommé, l'effort non consenti,
Il n'y aura ni inconnu, ni prison dorée
De rèves usés décorée, ceux des nantis
Ayant oublié combien ils sont timorés.

Au lieu de çà la voie bien connue qui si peu
Ressemble à ce chaos annoncé du Devin.
Dédaigneux des regrets de demain, la poupe
Fend les flots car elle ne peut dévier son chemin.

---

Le Chaos est-il encore prèt à dévier
L'esquif sur sa route sous un ciel familier ?
La houle routine n'offre pas de levier
Mais de nouveaux fardeaux par lesquels se lier.

La montée des sangs à chaque cri de l'enfant
Assoiffé de son père et frustré de son sort.
Leurs volontés se heurtent au mur que rien ne fend.
Au loin, il DOIT y avoir une paix, un port.

La mésange endormie d'un sommeil magique
Jaillie des limbes, certes blessée, mais grandie.
Il lui faut entendre de sa fille unique
Quelques mots pacificateurs, sans duperie.

Le tragique se tient derrière un virage.
Une trajectoire tant de fois empruntée...
L'ange avec majesté sauve un loup sans âge.
La mort s'en est allée. Pour cette fois. Feintée.

Au loin ? La guerre. Encore. A tort et à travers.
Colonnes de fourmis miséreuses mèlent
Leurs soufflent à la mer. Elles s'amoncellent
Anonymes sur les plages des faits divers.

Et qui a semé le désordre sur le front
De cet éléphant presque déjà fantôme ?
Dans le jeu des grandes puissances un affront
De trop au vieux tsar ravive l'hématome.

Finalement la mort a frappé. En masse.
Pendant que le loup remporte une victoire.
Veux-tu ouvrir et entrer dans la nasse ?
Le veux-tu vraiment ? Es-tu prèt à y croire ?

---

Et bien oui ! Ouvrons le flanc ! Livrons bataille !
Mejor caminar ciego que estancarse !
Mème si nombreux seront ceux qui me raillent,
Tombé à pic sur des égos métatarsés.

Merci le vieil ami, le poète vantard,
Fantasque, écorché, grandiloquent ! Il tend
Une main qui amorce un nouveau tournant.
Où allons-nous ? Nulle part. Sans hâte ni retard.

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Juillet 2014, Sorèze - Avril 2018, Soual

SENSUALITÉ ET SENTIMENT

Deux yeux qui pétillent,
Une bouche rieuse,
Un air "petit' fille",
Douce moue rêveuse.
Alors les mots s'enfuient et mon coeœur s'éveille.
Par vos charm' attendri l'homme en moi s'émerveille.

Tant secrets sont les sign',
Tant sucrée est l'intrigu'.
Si furtive est cette main qui me caresse,
Si fort le désir qu'elle éveille et confesse.
En moi l'émoi culmine, un geste et je m'inclin'.

Ah femmes qui plantez en ma tête des clous !
De songes vénusiens vous martelez mon poul
Qui plonge et va et vient jusqu'à l'éruption
D'obsédantes étreintes fabulées ; illusions…

Désir de bel Amour qui dans le feu fond.
Les passions naissent, s'exaltent puis se défont
Dans la chaleur et la sueur des corps en fusion.

Ressentir par l'esprit, le cœur ou le sexe ;
Rien ne garantit l'Amour, tâche complexe.

Oh Dames, je suis si sensible à vos charmes…

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1998, Toulouse - 2004, Bruxelles.

LA RENCONTRE

Celui qui agence en silence
Manigance en notre absence
Les fourches et choix de nos existences.

Malgré ma foi miséreuse ferveur,
Ma piètre piété éprise de peurs,
IL m'a précipité vers un bonheur.

Inopinée rencontre un matin,
Tu souris et monte aussi dans ce train,
Qui l'air de rien roule vers notre destin.

Mon œil de mâle est alors alerté.
Bavardages volages, des mots jetés
Tissent sans ambages un lien entêté.

Tu m'as charmé de rires en regards ;
Avec ta gaieté, un peu au hasard.
Nous étions deux cœurs faits pour se revoir.

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Novembre - Décembre 2001, Bayonne.

LE COUP DE FOUDRE

Un beau jour frappé par votre beauté,
Je n'ai cessé de penser à vous.
Vos yeux malicieux m'ont enchanté,
Leur magie aujourd'hui m'attire auprès de vous.

Pour vous conter fleurette, pour vous faire la cour !
C'est comme assiéger une forteresse ou grimper une tour,
Il faut être aventurier et vouloir une princesse.
Ai-je été ordurier que vous me déniez vos tendresses ?

Je voudrais souffler des caresses sur la finesse de votre corps
Et mélanger nos âmes au creux d'un même athanor.
Tel le serpent s'élève au son de la flûte, en transe,
Mon cœoeur s'éveille quand je vous imagine, indienne qui danse.

Quelle peut être votre vie dans cette ville du nord ?
Je ne sais rien de vos envies ni de votre décor…
Alors que s'exécute le ballet de votre quotidien,
Avec vous je valserai pour un temps si vous le voulez bien.

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Juin - Septembre 2002, Bruxelles.

L'APPROCHE

L'autre nuit nos deux cœurs ont papillonnés sans se prendre
Dans l'intime pénombre soyeuse,
Comme deux papillons virevoltent dans la lumière,
Au gré d'une parade amoureuse.

Crois-tu que je veuille te séduire, prendre ton beau corps et m'enfuir ?
Pourvu que tu veuilles me sourire et m'attendre et me dire,
Des mots vrais, des mots sincères, les mots secrets de ton âme…
Et je t'ouvrirai mon cœur sincère et mes mains sans état d'âme.

L'on apprendrait à se connaître, je te deviendrai familier,
Puis tu serais moins un mystère, on apprendrait à se lier.
S'il faut neuf mois à l'enfant pour éclore des jambes de sa mère,
L'amour, lui, est capricieux! Peut ne jamais fleurir! Est à naître !

Si la nature est bien réglée, l'amour naît des fruits du hasard.
Mais qui le cherche autour doit savoir qu'ensuite l'amour germe en soi.
Laisse-lui Shanti une chance, de chanter une messe un soir,
Encore! Accorde-moi une danse, apprivoisons-nous toi et moi.

Et si un jour l'amour grandit entre nous alors je veux, poser un baiser sensuel et doux

Sur tes lèvres! Comme la goutte de rosée perle au matin dans l'écrin de la rose rouge.

Naturellement…

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Novembre - Décembre 2002, Bruxelles.

LA DÉCLARATION

Oh Shanti!

Tu es belle, belle, belle!
C'est époustouflant, hallucinant, sidérant!
Tout mon être s'émerveille,
Quand je te contemple, ivre, vide, dans l'instant.

Tes yeux sont deux perles pures ;
Ils brillent fort du feu intérieur qui t'anime.
Ils révèlent une femme mûre
Qui observe et pense plus qu'elle ne s'agite.

Sereine, telle une reine,
Sûre de tes atours, forte de tes charmes,
Sur mon cœur nul doute tu règnes.
Quelle joie d'être en ta présence belle Dame!

Belle l'œuvre de Dieu,
Tu brilles comme un ruisseau baigné de soleil.
Tu es rare comme une fleur bleue.
Belle, belle, la Nature qui au printemps s'éveille.

Tes mots passionnés m'exaltent!
Ton rire pétille! Si doux, si clair, il m'enchante
Tel cette eau qui cavalcade
Tranquille dans le lit du ruisseau bordé de menthe.

Elancée, gracieuse et fine,
Tu as l'aisance naturelle de cette fleur
Qui au bord du ruisseau domine
Sans arrogance ; sa beauté est intérieure.

Et ta peau chocolat au lait
Est à coup sûr douce comme le pelage
De la biche qui vient s'abreuver
Au ruisseau ; dans l'eau je ne vois que ton visage.

Oh Shanti!

Tu es belle et tu es ma muse.
Tu es l'amour sans condition sur mon chemin.
Et mon cœur résolu fuse
Sans détour à ta rencontre, vers son destin.

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Mars 2003, Bruxelles.

ULTIME EXHORTATION

Tu es le rai de soleil qui fait éclore
Le cœoeur de mon âme en myriades de couleurs.
Tu es cette planète unique que j'honore ;
Entêté, autour de toi je tourne en douceur.

Tu me permets de t'admirer et de t'aimer,
Mais sans jamais te livrer entière.
J'arroserai cette graine qu'un jour j'ai semé
Jusqu'à temps que par amour tu m'offres tes lèvres.

Je ne crains point que mes sentiments s'éteignent
Car déjà s'épaissit ce lien que nous tissons.
Quand bien même ils mourraient si trop tu les dédaignes,
D'une belle façon nos âmes auront fait communion.

Il n'empêche que tu pêches par omission
Gardant le sceau sur tes pires souvenirs scellé.
Ils sont autant de bonnes justifications
A ton mal-être d'aujourd'hui, peurs emmêlées.

Quant à te nourrir des vieux bons souvenirs,
C'est préférer une triste mélancolie.
C'est atténuer les joies d'un présent-avenir.
C'est refuser de voir ce qu'il y a de joli.

Princesse indienne de ton vert sari drapée,
Un peu prisonnière du passé dans ta tour,
Regarde passer ces prétendants attrapés,
Envoûtés, par tes yeux séduisant sans détour !

Libère ton cœur des chaînes qui l'entravent !
A quoi bon te protéger sous une écorce !
Rends-toi ! Crois-en moi qui t'aime comme un brave.
Tente d'aimer de tout ton être avec force.

Tu dis avec raison que l'amour se construit,
Mais lui laisses-tu une chance de fleurir ?
Ton âme est-elle prête pour qu'il y soit accueilli ?
Je t'en prie ! Ne crains point d'échouer ni de souffrir.

Oh Shanti, Shanti !

Tes yeux sont vivants, brillants, charmants, amoureux !
Si je pouvais être le seul qu'ils regardent.
Ton sourire est le plus beau, il me rend heureux.
Avec toi, la joie, le calme ; rien ne me tarde.

Aime-moi Shanti ! Nous serions beaux tous les deux.
Parle-moi Shanti ! Dis-moi ce qui te retient.
Si en toi j'ai allumé une étincelle,
Essaye-moi ! Sinon, nous n'irons jamais loin.

J'ai envie d'être mille fois plus affectueux.
J'ai envie de te regarder dans ton sommeil.
J'ai envie que nous fassions l'amour comme un jeu.
En rêve, c'est à tes côtés que je m'éveille.

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Juin 2003, Bruxelles.

LA FIN

Ta silhouette qui s'étiole dans le lointain,
Frivol' papillon d'une nuit tu voles au loin.
Combien gracieuse et élancée , je me souviens…
Pas assez ma lueur ne brilla pour guider ton vol éolien.

Du jour où je te vis Shanti, plein' de soleil,
Je te perdis trois fois à en perdre le sommeil.
A mon cou, d'amour, j'accrochai une chaîne.
Car toi Shanti ! Tu fus ma joie ; et je m'en extirpe à peine.

Les joies et les chagrins intenses de t'aimer
M'ont étripé. Seul à l'insu de tous j'aimais,
Les regrets dans mon cœur à mes pleurs emmêlés,
Chantant sourdement l'amour qui n'a pu naître trop esseulé.

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Juillet - Décembre 2003, Bruxelles.

ODE À LA COMPASSION

Chante, chante, petit oiseau!
Et de ta voix belle et claire
Ravis nos cœurs d'enfants.

Avec ou au-delà des mots,
Transmets tes sentiments sincères,
Ouvre nos cœurs aux douleurs de ce temps.

Raconte combien le Monde est beau,
Que l'amour vaut mieux qu'une Terre en guerre.
Enseigne à nos cœurs ce qu'est autrement.

Oh belle Femme, fais-toi l'écho
De cet espoir qui va sûrement naître.
Et forge des cœurs compatissants.

Oh belle Femme, petit oiseau!
La planète et ses êtres appellent une prière :
Que la frénésie aveugle cesse avec ton chant.

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2001, Castres - Juillet 2004, Bruxelles.

ETOILES FILANTES

Et ainsi trépassent les quelques traces,
De ce passé fugace qui s'inscrit dans nos mémoires,
Gigantesques écumoires d'où goutte à goutte se distillent,
Les idylles, les épreuves et les villes, que les sens d'une vie amassent.

Quel sournois mécanisme un beau matin
Expose dans une vitrine de nos belles les atours ?
Qu'il est profond cet abîme où le lendemain
Il précipite de nos belles les amours !

Oh j'ai si peur qu'ainsi disparaissent les joies et les tendresses dont tous deux nous faisions messe.
Cet oubli que tant je crains meurtrit mon cœur, mes mains,
Que déjà je regrette nos baisers, nos étreintes, par les circonstances,
morts prématurés. Le sort me guette, je te délaisse.

Je t'ai confié mon possible départ.
Sourde était ton oreille emplie d'espoir.
Aujourd'hui goulûment ma conscience se repaît de cet aveu sincère.
Et je me m'absous ; je me pardonne le mal que j'ai pu te faire.

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Mai 2002, Bayonne - Août 2004, Bruxelles.

LE VISAGE DE MARÍA JOSÉ

Tes cheveux noirs en boucle et cascade,
Comme une jungle profonde et dense
Qu'explorent en vrilles et escapades
Ma main charmée de cette abondance,

Coiffent ton âme forte et sauvage.
Tu es un' beauté de la nature,
Brute et majestueuse, sans maquillag'
Je t'admire, jeté en pâture.

Tes pupilles brill' du vivre-intense !
De joies prêtent à jaillir ell' font l'aveu.
Je contemple ton indépendance
Dans le sombre brun de tes jolis yeux.

Ces yeux défient même le firmament
Où tu ne reconnais aucun maître !
Et la révolte en ton tempérament
Embrase de feu ta façon d'être.

Le peintre a, par Vénus inspiré,
Arrondi d'arabesques tes lèvres.
Espiègles, leurs commissures étirées
Sensuelles, éveillent en mon for la fièvre.

Ta bouche fine dessine des moues
Toutes d'ire ou de rires, changeantes.
Elles agitent de turbulents remous
Le vivre-calme qui me régente.

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Juillet 2004 - Février 2005, Bruxelles.

NYMPHETTE SAUVAGEONNE

Rire de gorge sonore !
Tu signales ta présence.
Que de joie et que d'aisance !
Il se peut qu'un sourd t'ignore.

Mais, comment ne pas t'entendre ?
Ton rire soudain assassin
Tue la joie dans mon coeur tendre ;
Tu ne bois plus en mon bassin.

Tes attitudes fantasques,
Et tes maladroites frasques !
Tes gestes de pantin
Ranimé de vie un matin !

Tes yeux étoilés donnent vie
Même au pauvre idiot ravi
D'exister pour un seul instant
A travers ton toi pour un temps.

Ces yeux qui savent dire "Viens !"
Comment ne pas les regarder ?
Je les vois alors s'attarder
Sur un autre. Pleure chagrin.

Tes menues formes vacillent,
Le vin, la danse, dévoilant
Ta sensualité lascive
Envoûtant ton corps indolent.

Tu te laisses éffleurée, douce
Livrant des caresses à ton gré.
Chair abdique, coeur repousse ;
De ces jeux naissent mes regrets.

Mon être fort de son ardeur
Conquiert ton corps enfin offert.
A la lutte s'ensuit l'enfer
Des victoires dans la douleur.

Si près de toi généreuse,
Des senteurs subtilent émanent
En effluves ensorceleuses ;
Et l'envie de toi me gagne.

Ton odeur que d'autres t'ont pris,
Lors de corps à corps consentis
Pour conjurer la mort, son prix,
Pour moi seul ! Je serais nanti.

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Juin 2006, Saint-Clar - Octobre 2006, Granada.

L'ADIEU À JULIE

Vivre jusqu'au bout le possible, boire la dernière goutt'.
Dans un dernier excès se saouler puis vider l'élixir de l'oubli.
Soigner par le mal ce qui ne sera jamais un bien, s'écorcher vif
Encore... Meurtrir ce coeur, éclairer l'ombre, enfin oter le dout'.

Ce coeur en bobine, docile et tranquille, qui sans un cri s'effile,
Livre au vent souverain des bouts de ficelle couleur de sentiments.
Un bleu doucement glisse sur l'air ; il veille ton âme tendrement.
Il est don-chaleur, toucher-câlin, à toujours t'étreindre fébrile.

Jaune, voltigeur, réjoui des rires et des connivences d'esprit,
Trouve un sens à tous nos instants, même à ces silences qu'ils nous ont pris.
Rouge, haut s'envole tel l'envie puissante de l'odeur de ta peau.
Bourrasque ! Rouge se tend pour t'arracher le jouir et jouir dans ton dos.

Long clair-violet au sol s'emberlificotte, tréssaille, prisonnier :
Les projets morts-nés, menés à la potence sans l'amour partagé.
Orange, serein, s'enlace au rythme du souffle, sans peur, engagé ;
Il est confiance et volonté pour embellir nous deux et communier.

Vieilles montagnes d'Ariège témoignent du haut de leur sagesse
De ces fils dérisoires parmi d'autres histoires d'amour qui blesse.
Leurs verdoyances entêtées enseignent l'éternelle renaissance.
Ce coeur goûte alors un peu de paix, une fois de plus en partance.

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Août 2006, Saint-Giron - Septembre 2006, Castres.

DILEGEMA

Con voz silenciosa desaparezco.
Con palabras escritas me absolvo.
Una voz insidiosa por mi dentro
Me indica mi camino de nubes y polvo.

Es el mío y me lleva a mi-mismo !
En cuanto al los otros, no sé.
No ando bién de un solo pie.
Así me voy sin miedo al abismo.

Elijo, me equivoco y crezco
Evitando los daños del olvido
De mi-mismo ; tendré lo que merezco.
Lo que no has tenido, no lo has perdido.

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Mai 2007, Granada.

MAR

Mar que se acerca, Mar que se aleja.
Así. Siempre. Sin saber dónde parar.
Ya he nadado en tales aguas ; Deja
Que me acerque sin mucho quemar.

A pesar de los consejos de los sabios,
Probé esta Mar con la piel de mis labios.
El sabor mojó mi boca asecada.
Despiertó mi sangre aun congelada.

Dulce y refrescante ! Burbujeante
De sus sueños intactos y devorando
Las playas con su espuma jadeante,
Queriendo todo del vivir deseando !

Mi corazón quieto frente a esta Mar
De las quemaduras del sal se acuerda.
La agua confusa es llama que muerda
Aquellas almas que tan desean a Mar.

Ví su potencia, su frescura, sus alas !
Medí su libertad estupenda, frágil,
A la altura de sus fogosas olas !
Predije las tormentas. Índole versátil.

Luego dí a Mar un brazo tendido.
Qué me importaba estar atrapado...
Reconocí del gran Misterio el rostro,
Sonríendo, sorprendiente ; me la mostró.

Me ofrecí como un viejo amante
Quien más allá de las pasiones navega,
Quien a olas confusas no se entrega,
Quien espera que la sazón se levante.

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Octobre - Novembre 2007, Granada.

LA SOLITUDE ET LE PAPILLON QUI CHANTE

Mon court séjour marqué du Mystère,
Sur cette Terre encore un jour,
Poursuit son cours vers son finistère
Souffrant les errances et les détours.

Etre loin, si loin, si bas, si dense...
Sans la Lumière réconfortante,
Enchaîné si fort aux contigences,
Sans l'Amour vraie qui manque, entêtante.

Mon coeur se serre mille fois blessé
Des désamours aux plaies ouvertes. Rien
Ne luit quand attend l'âme désossée
La consolation d'un amour terrien.

Pour combien de temps encore, à tort,
Me laisseras-tu hors de ton décor,
A rêver, rapace de ces autres,
Que tu as béni tels tes apôtres ?

Seul face à ces vents soudains et vrillés
Qui sans merci me froissent et m'éffeuillent,
Jusqu'aux espoirs que, fébrile, cueille
Ma fleur chétive et recroquevillée...



Je connais un papillon qui chante.
Sa présence éveille un rêve perdu.
Ses notes pures et transparentes
M'anime à vivre un élan éperdu !

NON !! Ses rires clairs et rafraîchissants,
L'attention curieuse de ses yeux ronds,
Ne sont que les dons d'un coeur bienfaisant
Pour qui je ne suis qu'une fleur. Allons !

Ce papillon volète accompagné
D'un vieil amour sain, sincère et brillant !
NON !! Mes pétales flêtris et fânés
Ne peuvent rien susciter de plus grand.

Pourtant que de folles espérances
Vécues dans les songes et le silence,
Où le papillon fait volte-face,
Me dédie son amour et sa grâce !

Et ma tendresse coule en rivières !
Heureuse d'être bue par les mill' lits
Qui sillonnent les rondeurs altières
Joyeuses de M'accueillir dans leurs plis.



NON !! Folie ! Déraison ! Sacrilège !
Faire taire mon ardeur à l'aimer !
Ne pas salir ce beau privilège !
Ne pas défaire ce qui est tramé.

Dans le non-vouloir et le rien-faire,
J'endure les âffres de mon destin
Qui me prive encore de lumière :
Le papillon vole un autre chemin.

Plus que quelques jours de sa présence
Pour m'exalter à son contact ! Croire !
Fou ! Puis souffrir le vide qui lance !
Sourd ! Prêt à surgir aux heures noires...

Maintenir, malgré mes nuits d'insomnies,
Mon regard neuf sur le monde qui naît
Dans le creuset de mes sens endormis,
Comme chaque matin qui m'est donné.

S'efforcer pour porter haut le flambeau !
Qu'il guérrisse sa lumière pâle
Dans le bleu du ciel délavé si beau ;
Répit pour l'âme seule et bancale.

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Mai - Août 2008, Granada.

NOTRE CHANT MON AMOUR

Nous sommes des gouttes d'eau de la rivière,
Frappées d'un rayon de soleil,
Touchées d'un éclat de conscience.
Nous sommes de la même famille,
De ceux qui se reconnaissent et s'assemblent,
Parmi la multitude,
Malgré le torrent.

En nos coeurs résonne le Choeur Divin
Qui nous brasse de sa symphonie ;
Qui nous traverse et nous étreint ;
Qui nous unit par sa Grâce.
Et chaque élan est une pulsation
Où se mêlent nos essences.
Chant Sacré.
Souffle.

A l'unisson des notes
Qui éclaboussent la rivière
D'étoiles et d'argent,
Je regarde tes yeux vivants.
Leur lumière me déshabille.
Nous parlons le même langage.
Et je rêve.
Est-ce toi ?

Est-ce toi que j'attends
Depuis déjà si longtemps ?
Tu es une perle flamboyante.
La promesse d'une fusion totale.
L'ampleur de ta vague balaye les pâles lueurs
De mes élans passés.

Cette osmose est si neuve
Qu'elle est un cadeau de Dieu.
Je renaîs porteur d'une graine
D'où refleurit le possible.
L'amour. Le vrai. L'idéal.
Fomenté par nos deux esprits.
Embelli par nos deux coeurs.
Soutenu par nos deux corps.
Pour ensemble faire croître nos deux essences.

Puisse le Ciel accordé sa faveur !
Puisse-t-il être notre aliment
Avec ses grappes d'étoiles
Drappées des vertus,
Aux incomparables saveurs,
Aux incomparables bienfaits.
Et notre pain du jour le jour
Serait Bonté. Respect. Sincérité.
Aux heures difficiles
Nous boirions la liberté
Pour mieux parler ;
Pour reconnaître dans l'autre
La course d'une comète
Pleinement justifiée par son voyage.
Et jaillira dans la clarté
La pureté de nos lignes parallèles.
Par la grâce de nos unions
Naîtront les fruits dont se régaler.
Les coprs au diapason,
Les chants pour l'extase,
Les oeuvres pour le Bien,
Les enfants pour demain.

Mais je rêve...
Incommensurable est le flux
Du flot de la rivière.
Il a ses propres desseins
Au gré desquels il nous emporte.
Il nous sépare à coup de destins.
Et soudain ton eau rafraîchissante
Livre au loin son éclat.
Je reste avec ma lueur
Devenue luciole chancelante.
Je reste avec mon sentiment
Estropié à force d'idéal.
Parmi le brouillard de l'écume.
Livré à ma fuite solitaire.

Mais je rêve encore !
Et contre le courant
Je lance mon fol espoir.
Il veut donner foi
A tes yeux humides et brillants,
A la sincérité de tes élans
Qui nous tenaient solidaires et captivés
Comme un couple d'aimants.
Viendras-tu me retrouver
Malgré le tumulte et le chaos
Qui font du voyage dans ces eaux
Un parcours difficile et inconnu ?
Me diras-tu de te trouver
Malgré le poids du choix ?
Malgré la souffrance que je déplore
Mais qu'il te faudra causer
A celui qui d'amour se dore
Et adore tes rayons dorés ?

Encore le flot.
Toujours le même.
C'est moi qui suis différent.
Je ne suis plus limpide,
Mes lignes courbent tremblent.
J'ai gardé un peu de ton eau.
Ou tu as pris un peu de la mienne.
Un tourbillon d'émotions gronde.
Elles arrivent en cortège
Offrant chacune une danse,
Me laissant sans haleine,
Désemparé à chaque pas.
Málancolie. Poids. Serrement.
Le temps ralentit.
J'éprouve ton absence.
Joie. Chaleur. Elan.
Quand je te sens.
Quand je nous rêve.
Doute, peur, terreur,
Sans trêve me harcèlent ;
Malmènent mon sentiment ;
Exigent des certitudes
Brandissant les douleurs
En puissance causées.

Et je rêve et j'espère.
Je traîne mes tourments
Maintenant complètement livré
A toi, au courant.
Je file à la source
Boire un peu de toi.
Il doit en être ainsi.
Il doit en être ainsi.

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Septembre - octobre 2008, Granada.

A VOLER AVEC TOI

A voler avec toi

J'ai contemplé la Terre d'une cîme
Qui est, au commun, quasi inaccessible.
Là-haut le silence terrasse et décime
La question du sens et les raisons faillibles.

Et il laisse sa place au seul point qui reste.
Toi, et tout à la fois, reine de ce sommet,
Dispensatrice du sel de Vie céleste.
J'existe justifié d'aimer et d'être aimé.

Sur ces hauteurs tant espérées je respire
Avide, à pleins poumons, à pleins pores, à plein coeur,
Chaque pétale de ta fleur qui transpire
D'amour brûlant qui me consumme de l'intérieur.

A voler avec toi

J'étais une rivière et tu étais mon cours.
J'étais une feuille et toi le souffle du vent.
J'étais la Terre endormie et tu fus le jour
Qui éveilla "l'après ?" et occulta "l'avant..."

A voler avec toi

Je voudrais voler encore et toujours plus haut.
Nous explorerons ce qu'Amour vrai veut dire.
Au-delà de l'abnégation et de l'égo,
Deux êtres libres et unis dans le vivre.

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Novembre 2008, Granada.

L'AMOUR QUI MANQUE AU POETE

Le bon poète s'est tû.
Il plonge dans les songes oubliés.
Mélancolique il chérit son trésor :
Savoir l'autre au loin mais l'aimer.

Sa chansonnette s'est tue.
Elle sonne... mais résonne déréglée.
Etre séparés est un triste sort
Quand avec l'autre on aime le temps passer.

Poète, te souviendras-tu ?
Eparses images parsemées d'elle ?
Ardeur des fusions en corps,
Saveur des rires, tendres les mots échangés.

Ils valent ce qui fût vécu.
Fragiles vestiges des présents qui ont été.
Mais même si le temps leur fait du tort,
Ils sont des fragments d'amour qu'elle t'a laissé.

Poète, as-tu perçu
Combien son absence balance ton coeur écorché ?
Réjouis-toi en secret de votre accord.
Car si elle manque, c'est qu'elle est aimée.

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Mars 2009, Castres.

LE DERNIER CHAGRIN

Dure est la chute pour avoir volé si haut.
Mon plus bel amour qui me tenait sûr et chaud
S'est changé en pierre rugueuse et pesante
Plantée au creux de mon être qui déchante.

Un autre bâteau affrêté en fanfarre
Pour un voyage envisagé Beau et viager,
À peine obscurcie la lumière du phare
Tombe en pièce sans un sursis pour mieux nager.

À l'horizon pas même un vent de tempête.
Les flots étaient dociles sous un ciel clément.
Tu étais l'orage en prise avec ta quête
Impérieuse, irrépressible emportement.

Loin de moi elle t'a emporté ma douce.
Elle a supplanté cet amour qui a brûlé
Trop brièvement à mon goût ; jeune pousse
Qui se fâne par la solitude acculée.

Je te sais maintenant ranimant du passé
Les fantômes que tu es prête à défaire.
Tu es le papillon aux ailes défroissés
Pour qui je fus chrusallide nécessaire.

Être ainsi utile ne me console pas.
Mais je sais endurer douleurs lanscinantes
Et voltes-faces du Destin forçant mon pas
À subir ton départ ma plus douce amante.

Capitaine, ai-je bien tenu la barre ?
Moi seul, nous faire naviguer, aurais-je pu ?
Des cris d'ire et de pleurs auraient-ils mieux valu ?
Être moi-même, était-ce çà la tare ?

Qu'importe. L'ignorance s'impose au marin
Qui erre dans la grisaille des jours tristes.
Dans ce bâteau où il a aimé il reste,
Confiant au temps le soin d'apaiser son chagrin.

Coût' que coûte goûter le sel du fil des jours ;
Remède des plus simples à celui qui sombre.
Et briser le rêve d'un possible retour,
Pour fuir la noyade parmi les décombres.

Pourtant ces débris épars que je contemple
Sont autant de clefs en ma mémoire blessée.
Je ferme des portes à peine ouvertes ; temple
Où la joie est choyée, la douleur délaissée.

Le bâteau de brics et de brocs est rebâti
Avec un arlequin parmi l'équipage.
Il me hisse hors de mes idéaux décatis
Avec son âme d'enfant tel un cordage.

Jamais je ne faillis à prier pour ton Bien.
Or tu es loin de ces présents que je traverse.
Tu es partie. De l'Amour je ne sais plus rien.
Je grandis, me fiant à la Vie qui me berce.

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Octobre 2009 - juin 2010, Saint-Julia.

UNE ANNÉE COMME UNE FARANDOLE

Une année comme une farandole
Valsée brutalement par des pantins,
Jouets de l'Amour qui carambole
Les âmes, leur bâtissant des destins.

Jeu à quatre dont l'Amour est maître.
Il tire des ficelles bien ténues.
Le Vertueux souffre quand le Traître
Convole avec la Princesse Ingénue.

Une année comme une mascarade.
Au bal des illusions l'humain est roi.
Cet idéal d'être deux parade
En tête, trompant le Traître, la proie.

Lors d'une nuit d'un septembre andalous
Des braises des mois attisées brûlent
D'un feu soudain de désir et d'amour
Qui emporte le Traître crédule.

Une année comme une révolution.
La Princesse Ingénue s'est dérobée.
Ne laissant qu'un aveu sans discussion ;
Qu'un Traître à sa solitude, embourbé.

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Janvier - juillet 2010, Saint-Julia.

MERCI MIRÓ

Amarrage insolent de quelques lugubres épaves
Sur les restes engloutis d'un poisson mort.
Les dernières écailles s'évadent en poussière
Pour rejoindre les nouveaux horizons.

Puisse-t-il ne rester du défunt
Que son meilleur vaccin.
Car s'abîment dans le ciel ouvert
Les comètes filantes des nouveaux humains.

Rouge, puis bleu, puis vert, la nouvelle époque !
Construite de pluie et de cendre pour bâtir l'apogée.
Circonstances insalubres ne prônent pas le feu,
Mais quelques uns pourront plus qu'une poignée.

Et il gernera, c'est sûr, ce temps
Où la paix et la joie concurrentes
Se partageront les âmes enchantées.
Et il fera bon vivre, et il fera bon chanter.

Le poids ne pèse plus et la réalité
Maléable comme une éponge manifeste les rêves
Aussi vite que l'écran-télé
Vidé de ses pantins ridicules.

Vivre pour grandir et non plus survivre.
Vivre pour rire et aimer et non plus se battre.
Vivre pour co-créer avec Elle/Lui le Magnifique.
Merci Miró et son pinceau enchanté.

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Mai 2011, Bruxelles.

COMME DANS UN TABLEAU DE MIRÓ

Rupture, fracture, félûre,
Les mots se bousculent.
On pourrait couvrir la page de mille mots
Et les mots de mille lettres,
Le symbole reste imparfait pour traduire
Le sentiment, tangage amarré au flux.

Parcourir, encore parcourir !
Parcourir, encore questionner !
Les signes se succèdent comme des cloportes aveugles
Qui ne savent même pas pour qui délivrer le message.

Et tout danse comme dans un tableau de Miró.
Les points, les lignes, autant de signes que la réalité se voile derrière l'apparence rassurante des signes convenus.
Mais il n'y a pas de couleur, il n'y a que de la lumière.
Il n'y a rien de solide ; que des mouvements, qui pour être rapides font des densités.
Il n'y a pas de douceur. Il n'y a pas de rugosité.
Simplement des amas particulaires en fugitif contact.

Posté au milieu des fous qui vont trop vite pour moi,
J'attends de ne rien savoir.

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Mai 2011, Bruxelles.

UN RHUME EN RYTHME

Un rhume en rythme qui rime avec brume
S'évertue à éternuer intempestivement
Des volutes de fumées de tabac noirci.

Respirer mieux, se sentir docile.
Ne pas enfreindre le parcours
Assailli par des vérités toxiques,
Crachées comme on crache des glaviots
Trop lourds à porter,
Trop collantes à nommer.

Exagère la source à jaillir des mots !
Fais l'exégèse de tes doutes
Et tu trouveras une chanson.

Là-bas dans les cénacles
On se plaît à marteler
Et on conclut quelques lambeaux au buveur invétéré.
Des A prouvés valent mieux que des B vus.
Gardienne de la parole, sobre elle sabre
Dans la chair fraîche de flascules avinées
Et tu patientes.
Garde ton trésor.

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Novembre 2012, Sorèze

EN T'ATTENDANT BONHOMME

Il arrive.
Comment un vent léger
Sans forme, mais bien là.

Magie des ans retour.
Fugace entraperçu du devenir.

Qui es-tu ?
Comment vas-tu ?

Déjà ta route je la vois.
Et avec toi je suis sur le chemin.
Partager, complices, est mon désir.
Rire aux éclats sous le soleil.

Être amis, comme père et fils !
Les fils de liens d'un amour que je ne connais pas.
Aurai-je finalement plus peur pour toi
Que je n'aurai peur pour moi ?

Je ne crains pas de faillir.
J'ai grandi tu sais.
Je ne suis plus l'enfant sage
Mais l'homme sage qui sait :
Qu'il faillira, qu'il donnera
Des fruits plus ou moins mûrs.

Mais je donnerai. Je t'attends.
Alors tu porteras un peu de ta mère
Et de moi, et de nous tous avant toi.
Le but est grand. La tâche aussi.
N'aie peur ni des méandres ni des précipices
Car toujours il y a une route
Qui te mène à toi-même.
Recueilli, reposé, immuable,
Dans la turbulence des particules.
Et au fil des jours tu dessineras
Un peu plus ton être.

Aime la vie comme ton père t'aime !
Aime la vie comme ton père l'aime !
Nous sommes tous des invités.
La Joie est notre plus grand Bien.

Nous sommes-nous déjà connu ?

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Mai 2013, Sorèze

PENDANT QUE JE ME TIENS EN DEHORS DU RÊVE

Il pleut. Il pleut depuis des jours. Il pleut depuis des lunes.
La Terre n'en peut plus de boire l'eau qu'elle exhale au lointain.
Chaque goutte martèle un peu plus les secondes où je me tiens en dehors du rêve.

Que cachent ces yeux qui ne se ferment pas même rougis ?
Le nouveau roi - celui qui détrône les patriarches et les amants -
Puise dans la sève éthérée et forme le glaive de ses pensées

Fourbu, qu'il est tentant de blâmer l'autre des âffres qui nous frappent.
La première épreuve est celle qui consiste à faire le terreau fertile
Pour recevoir la graine portée à deux coeurs enlacés.

Travailler la terre, ne pas répéter la farce dualité bien connue dans l'enfance,
Où l'un et l'autre se répondent en reproches plombant les élans spontanés,
Fustigeant l'autre, coupable de ce que nous ne tolérons pas de nous.

Arracher les racines persistantes d'une culture lointaine, oubliée,
Celle d'un enfant tâtonnant dans une réalité turbulente de déflagrations
Et dont les peurs ressurgissent comme autant de faiblesses.

Guérir maintenant. Injecter le remède. Rassurer l'enfant autant que le père.
Le loup n'est pas la victime d'une puissance endormie maléfique. Non.
Il est celui qui soigne, tributaire de l'héritage des guérriseurs.

Bientôt, très bientôt, la pousse jaillira de terre, verte éclatante,
Lorsque le travail de l'Alchimiste en son fourneau aura pris fin.
Détentrice d'une vitalité à couper le souffle.

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Mai 2013, Sorèze

Arabesque signalant la fin de la page